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Pour les sociaux-démocrates allemands, « on ne peut pas gouverner en coalition si l’on n’accepte pas le principe du donnant-donnant »


Nils Schmid, porte-parole du Parti social-démocrate allemand pour les affaires étrangères, à Manama (Bahreïn), le 21 novembre 2021.

Député fédéral depuis 2017, Nils Schmid est le porte-parole du groupe social-démocrate (SPD) du Bundestag pour la politique étrangère. Proche du chancelier Olaf Scholz, il est également président de l’Assemblée parlementaire franco-allemande, créée en 2019 et qui réunit, au moins deux fois par an, cent parlementaires des deux pays.

Que vous inspire le résultat des élections législatives françaises ?

Un grand ouf de soulagement. Une majorité RN à l’Assemblée nationale aurait eu des retombées extrêmement négatives sur les relations franco-allemandes et l’avenir de l’Union européenne (UE). Sans compter le risque de déstabilisation qu’aurait eu, en France, l’arrivée au pouvoir d’un parti ayant une vision inégalitaire de la société et dont le fonds de commerce est le racisme et le rejet de l’autre.

Le score inattendu du Nouveau Front populaire (NFP) est-il une bonne nouvelle pour une Allemagne dirigée par un chancelier SPD ?

Oui, d’autant plus que, par rapport aux législatives de 2022, on observe un rééquilibrage au sein de la gauche française au profit de la social-démocratie. Nous sommes très heureux de voir le centre gauche renforcé et La France insoumise moins dominante.

Dans son programme, le NFP promet de « refuser le pacte de stabilité budgétaire » européen et de « mettre fin aux traités de libre-échange » entre l’UE et des Etats tiers ? Pour l’Allemagne n’est-ce pas inacceptable ?

Sur les accords commerciaux, que ce soit avec le Canada (CETA) ou avec le Mercosur, nous n’étions déjà pas sur la même ligne qu’Emmanuel Macron : ça ne changerait donc pas grand-chose avec un gouvernement de gauche. Sur le pacte de stabilité et plus généralement sur l’Europe, l’histoire me rend plutôt confiant : depuis quarante ans, chaque fois que la gauche a été au pouvoir en France, que ce soit avec François Mitterrand, Lionel Jospin ou François Hollande, elle a toujours su s’accommoder des contraintes européennes. Je n’imagine pas qu’elle rompe aujourd’hui avec cet héritage.

Enfin j’ajoute un point : le Nouveau Front populaire n’ayant pas à lui seul la majorité, il ne pourra gouverner qu’en passant des compromis avec des forces centristes, ce qui l’obligera à renoncer à certains points de son programme.

L’absence de majorité absolue à l’Assemblée fait dire à certains dirigeants que la France devrait s’inspirer de ses voisins et former un gouvernement de coalition. En Allemagne, où c’est la norme, comment se bâtit concrètement une coalition ?

Pour former une coalition, je dirai qu’il faut trois conditions. D’abord, accepter de devoir faire des compromis. Cela ne veut pas dire qu’on est obligé de se mettre d’accord sur tout. C’est ce qu’il s’est passé en 2021 quand nous avons décidé de faire un contrat de gouvernement entre sociaux-démocrates, écologistes et libéraux : d’emblée, nous avons listé les sujets que nous mettrions de côté et sur lesquels nous ne chercherions pas à nous entendre, comme la limitation à 130 kilomètres/heure de la vitesse sur les autoroutes.

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