Monday, May 20, 2024
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Des habitants de Gaza, épuisés, fuient l’invasion israélienne de Rafah, mais « pour aller où ? »


Des Palestiniens fuient Rafah, dans la bande de Gaza, le 12 mai 2024.

La photo parvient dans la nuit du lundi 13 au mardi 14 mai, envoyée à la faveur d’une rare connexion Internet : le portrait d’un bébé endormi, le visage paisible, emmailloté dans une immense couverture orange. Youssef a une semaine. Sa mère, Mona Safi, a accouché par césarienne, le 7 mai, dans un hôpital de Rafah, à l’extrémité sud de la bande de Gaza. La jeune mère de 25 ans a eu de la chance, elle a pu bénéficier d’une anesthésie, précise sobrement le père, Mohammed, dans une conversation WhatsApp avec Le Monde.

Quelques heures seulement après l’accouchement, sous le feu des bombes, la petite famille a été forcée d’évacuer. « On a pris la voiture de mon beau-frère », explique le dentiste de 30 ans, direction le centre de l’enclave côtière. Il s’agit de leur troisième déplacement depuis le début de l’offensive israélienne, le 7 octobre 2023, en réponse à l’attaque perpétrée ce jour-là par le Hamas dans le sud de l’Etat hébreu.

« Nous sommes huit dans un 70 mètres carrés, rapporte Mohammed Safi. La nourriture est très chère et très peu disponible depuis que l’armée israélienne est entrée dans Rafah [le 7 mai]. Par exemple, il n’y a plus de poulet ou de viande. Pareil pour les fruits. Les légumes sont extrêmement chers. Un kilo de pommes de terre coûte 10 dollars [9 euros], 1 kilo de citrons, 30 dollars. » L’eau potable n’est disponible qu’une fois tous les trois jours. Mona n’arrive pas à allaiter. La famille dépense ses économies dans le lait en poudre, hors de prix. Elle attend désormais la réouverture du passage de Rafah vers l’Egypte, seule voie de sortie de l’enfer gazaoui, fermé depuis que les troupes israéliennes en ont pris le contrôle. Pour un ultime exode, cette fois hors de Gaza, espère Mohammed : « Mon fils mérite de vivre comme tous les autres enfants dans le monde, en paix. »

Début mai, Gaza a brièvement cru que son supplice se terminait. « Les gens suivaient les négociations [entre le Hamas et les Israéliens], ils avaient l’espoir que la guerre se finisse, que cette vie en tentes, ce quotidien d’humiliations, prenne fin », raconte Mohammed Al Najjar, étudiant en droit de Rafah. Le 6 mai au soir, les habitants étaient même descendus dans les rues, pour célébrer l’annonce par le Hamas de l’acceptation d’un accord de cessez-le-feu, pensant que la guerre touchait à sa fin.

Mais Israël s’est dissocié de ce document, et, le lendemain, ses chars détruisaient le signe « I love Gaza » dressé à l’entrée du terminal de Rafah, à la frontière avec l’Egypte. Cette attaque a marqué le début de l’invasion terrestre de la dernière ville gazaouie à ne pas avoir été investie par les forces de l’Etat hébreu. Israël assure qu’il s’agit d’une offensive limitée, mais ses dirigeants clament leur détermination à venir à bout des derniers bataillons du Hamas, retranchés selon eux dans la ville. Des responsables américains ont toutefois fait savoir que, selon leurs informations, le chef du mouvement islamiste et cerveau des attaques du 7 octobre 2023, Yahya Sinouar, ne s’y trouverait pas.

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